Tout en évitant les doublons, la loi « Notre » encourage les communes et les intercommunalités à mutualiser leurs services pour proposer des services publics efficaces. Les services numériques en font évidemment partie. Le cloud devient ainsi une ardente obligation pour les collectivités locales, pour plusieurs raisons.
C’est un enjeu iconomique : on ne peut pas continuer à faire plus de 36 000 fois la même chose dans les territoires. Chaque collectivité ne doit plus, aujourd’hui, produire sa propre énergie informatique, de même qu’il serait absurde pour elle de produire sa propre énergie électrique. Et pourtant, la tentation est grande, pour les collectivités, de se doter d’infrastructures de télécommunications, de capacités de stockage d’information, de puissance de traitement et de logiciels d’application. Un exemple, réel, démontrant l’absurdité de ces démarches individualistes : deux communes de moins de 150 habitants, ayant la même secrétaire de mairie à temps partiel, utilisent deux logiciels de comptabilité… incompatibles !
C’est un enjeu iconomique : on ne peut pas continuer à faire plus de 36 000 fois la même chose dans les territoires.
Les énergies informatiques peuvent être aujourd’hui partagées, et le cloud le permet. Les logiciels peuvent être utilisés comme services « loués » : il s’agit des SAAS (Software as a Service, logiciel en tant que service), accessibles sur le cloud. Les performances des clouds sont en phase avec les progrès exponentiels des technologies, et les niveaux de sécurité sont démontrés et assurés par contrat. La confidentialité, crainte majeure et légitime exprimée par les collectivités, aussi. Enfin, il existe une offre française de clouds.
Le cloud se présente donc, à terme, comme une offre incontournable que les élus, les directeurs généraux des services et les directeurs des systèmes d’information doivent connaître et maîtriser dans ses différentes composantes (technique, sécurité, juridique). L’Etat a déjà donné l’exemple en choisissant un cloud ou en mutualisant ses réseaux de télécoms, avec le Réseau interministériel de l’Etat (RIE). Le cloud n’est pas une chimère : des collectivités y ont déjà recours et proposent des services, comme la plateforme E-bourgogne et ses quelques 1 300 organismes publics adhérents, qu’eGOV-Solutions a accompagnée, depuis l’étude préalable jusqu’au dialogue compétitif.
article paru dans la Gazette des Communes, 14 septembre 2015
Gilles Moutet
En 2004, Gilles Moutet crée eGOV-Solutions, un cercle d'experts indépendants avec pour missions essentielles : sensibiliser les élus locaux aux mutations induites par l'iconomie et promouvoir les modèles de mutualisation de l'administration numérique territoriale en s'appuyant sur e-bourgogne. Lancement du Géomarketing stratégique et création de Markov Captimark vendu à EDS, et devient directeur exécutif de EDS (externalisation de l'informatique) Finance et Secteur Public. Développement d'un modèle de prévision de la demande de biens durables, utilisé par les pays de CE et opéré par IBM Data Centre Belgique en RCS précurseur du Cloud.