Ce n° 1 des Cahiers de l’iconomie inaugure la publication des travaux de l’Institut de l’iconomie.

Ses textes sont publiés sous la licence #FairlyShare.

L’iconomie, rappelons-le, est le modèle d’« une société dont l’économie s’appuie sur la synergie de la microélectronique, du logiciel et de l’Internet (1) » et qui, étant par hypothèse parvenue à l’efficacité, serait sortie de la crise de transition actuelle. Il ne s’agit donc pas d’une prévision mais d’un repère proposé aux intentions et aux stratégies.

Introduction

couverure cahiers de l'iconomie #1Le phénomène de l’informatisation se déploie sur les plans scientifique, technique, économique, psychologique, sociologique, culturel, philosophique, politique, géopolitique, etc : l’iconomie comporte donc l’ensemble de ces dimensions.

Nombreux sont cependant ceux dont la pensée résiste devant une telle diversité. Ceux qui s’intéressent aux conséquences psycho¬sociales de l’informatisation, à ces « usages » que l’on a coutume de désigner par le mot numérique, sont en effet trop souvent tentés de mépriser la « technique », tandis que celle-ci accapare l’attention des spécialistes de l’informatique.

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Il faut pourtant que le raisonnement embrasse toutes les dimensions du phénomène car la décision, qu’elle soit stratégique, opérationnelle ou tactique, ne peut faire abstraction d’aucune d’entre elles. Celui qui décide doit donc en posséder, à défaut d’une expertise spéciale approfondie, l’intuition exacte que les militaires nomment « coup d’œil » et qui lui permettra d’agir de façon judicieuse alors qu’il se trouve confronté à un monde complexe et dangereux.

Pour y parvenir, il faut qu’il adopte le point de vue de l’historien :

  • considérer le phénomène dans la dynamique qui le propulse vers une prospective, et non dans son seul état actuel ;
  • saisir la diversité de ses dimensions, ce qui suppose de savoir raisonner selon le modèle en couches qui explicite la logique propre à chacune ainsi que les relations qui traversent leurs interfaces ;
  • assumer le fait que l’on ne peut penser cet être organique qu’à travers des schémas simples et donc incomplets : bien choisis, ils révéleront sa nature mieux que ne peut le faire une description qui aspirerait à l’exhaustivité.

Cette démarche suppose une ouverture intellectuelle et une curiosité qui respectent les disciplines concernées sans s’enfermer dans leur formalisme ni rien céder au corporatisme des spécialistes.

sommaire Cahiers de l’iconomie #1

  • De la compétence enrichie à l’entreprise hyper-coopérative
    (Vincent Lorphelin et Francis Jacq)
  • Nouveaux modèles d’affaires ou modèles iconomiques (Pierre-Jean Benghozi)
  • De Multics à Linux et au logiciel libre (Laurent Bloch)
  • Parallélisme massif, Big Data et Intégration (Jacques Printz)
  • Éléments de théorie « iconomique » (Michel Volle)

Chacun des articles réunis dans ce numéro éclaire, comme un coup de projecteur, un des aspects du phénomène. La juxtaposition des images que cela fournit aidera l’intuition du lecteur à progresser avec nous dans la compréhension des possibilités et des dangers que l’informatisation apporte à la société et dont la maîtrise fera enfin, nous l’espérons, émerger une iconomie.

Les deux premiers articles sont consacrés à l’effet de l’informatisation sur la stratégie des entreprises : Vincent Lorphelin et Francis Jacq décrivent l’émergence de l’entreprise hyper-coopérative, point de convergence des modèles de plate-forme et d’entreprise 2.0. Pierre-Jean Benghozi déploie l’éventail des divers modèles d’affaire.

L’informatique, cause matérielle de l’informatisation, subit une évolution rapide. Laurent Bloch explore sa dynamique et son conditionnement sociologique en évoquant l’histoire d’Unix et de Linux, Jacques Printz montre la complexité et les défis que présentent les exigences de l’intégration et celles, nouvelles, de la programmation parallèle.

Ces deux articles soulignent une évidence : un pays ne pourra atteindre l’iconomie et réussir sa « transformation numérique » que s’il sait prendre l’informatique au sérieux.

Le dernier article, dont je suis l’auteur, est consacré à la théorie économique pure : il montre que dans l’économie informatisée les marchés des divers produits n’obéissent ni au régime de la concurrence parfaite, ni à celui du monopole naturel, mais à celui de la concurrence monopolistique qui est donc le régime de référence de l’iconomie.

Les trois derniers articles auront une suite dans les prochains numéros des Cahiers de l’iconomie.

Michel Volle

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1. Michel Volle, iconomie, Economica, 2014, p. 200.

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